TL;DR
L’argument qui tranchait le débat depuis cinq ans — « Teams est déjà inclus dans notre licence Office » — n’est plus vrai. Microsoft a découplé Teams de Microsoft 365, d’abord dans l’UE en 2024 pour répondre aux préoccupations de la Commission européenne, puis mondialement à partir de novembre 2025. Le comparatif se refait donc à zéro, et pas au bénéfice évident de Teams.
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Teams est-il encore inclus dans Office ? | Non. Le découplage, entamé dans l’UE en 2024, s’est étendu mondialement fin 2025 et début 2026. |
| Combien coûte l’option Teams ? | Sur les plans entreprise, l’écart annoncé est de l’ordre de 8 à 9 $ par utilisateur et par mois. |
| Les prix ont-ils bougé en 2026 ? | Oui : hausse générale sur Microsoft 365 en juillet 2026 ; côté Slack, l’IA a été intégrée aux paliers, ce qui relève le prix effectif pour qui ne la payait pas. |
| Et la souveraineté ? | Ni l’un ni l’autre n’y répond. Mattermost, Rocket.Chat et Element/Matrix en auto-hébergement, oui. |
| Le bon critère ? | Suivez les fichiers, les identités et la charge d’administration — pas la liste de fonctionnalités. |
Le fait nouveau que la plupart des comparatifs ignorent
Pendant des années, la comparaison se réglait en une phrase : si vous payez déjà Microsoft 365, Teams est gratuit, donc Teams gagne. Cette phrase est caduque.
En novembre 2025, Microsoft a commencé à découpler Teams de Microsoft 365 à l’échelle mondiale, après l’avoir fait dès 2024 dans l’Union européenne et l’Espace économique européen pour répondre aux préoccupations de concurrence de la Commission européenne. Le déploiement s’est étendu jusqu’au début 2026. Conséquence pratique : Teams n’est plus livré gratuitement avec Office.
Sur les plans entreprise, l’écart est désormais explicite. Microsoft 365 E3 est proposé autour de 27,45 $ par utilisateur et par mois sans Teams, contre environ 36 $ avec ; E5 autour de 48,45 $ sans, contre environ 57 $ avec. À cela s’ajoute une hausse générale des tarifs Microsoft 365 intervenue en juillet 2026.
Autrement dit, la question « Slack ou Teams » redevient un vrai arbitrage économique, alors qu’elle était devenue un réflexe de facturation.
Côté Slack, une hausse déguisée
Les paliers Slack sont restés nominalement stables, mais le prix effectif a monté pour une partie des clients : l’IA, auparavant vendue comme une option à une dizaine de dollars, a été intégrée aux formules. Les équipes qui ne l’achetaient pas paient donc désormais pour elle.
Pour situer les ordres de grandeur — et il faut les prendre comme tels, ces grilles bougeant plusieurs fois par an — une équipe de cinquante personnes dépasse les 7 000 $ annuels sur le palier Business+. Le plan gratuit conserve un historique limité à quatre-vingt-dix jours, ce qui en fait moins une offre qu’un mécanisme de conversion.
Slack appartient à Salesforce depuis 2021, pour 27,7 milliards de dollars, et la trajectoire tarifaire depuis ce rachat est l’une des raisons les plus citées par les organisations qui envisagent de partir.
Ce que chacun fait réellement mieux
Les écosystèmes applicatifs ne départagent plus rien : Slack revendique environ 2 889 applications, Teams en liste environ 3 031. Les intégrations les plus utilisées — Jira, GitHub, Zoom, Google Drive, Asana, Miro, Zendesk — existent des deux côtés.
Les différences réelles sont ailleurs.
Slack conserve un moteur de recherche nettement supérieur, indexant messages et fichiers avec une rapidité que les équipes techniques citent systématiquement. Sa collaboration externe, via canaux partagés avec des clients ou des prestataires, reste plus fluide. Et sa flexibilité d’intégration en fait le meilleur choix dans un environnement multi-outils qui n’est pas centré sur un éditeur unique.
Teams l’emporte sur la gouvernance, l’authentification unique et la cohérence avec le reste de la suite. Quand les fichiers vivent déjà dans SharePoint et OneDrive et que les identités sont gérées dans l’annuaire Microsoft, l’intégration n’est pas un argument marketing : c’est une réduction concrète de la charge d’administration.
La règle de décision la plus fiable n’est donc pas la liste de fonctionnalités. Suivez les fichiers, les identités et la charge d’administration — cela vous dira plus que n’importe quel tableau comparatif.
Le troisième terme : la souveraineté
Pour un nombre croissant d’organisations françaises — santé, défense, finance, secteur public — le débat Slack contre Teams passe à côté du sujet. Les deux sont des services américains, soumis au Cloud Act quel que soit l’emplacement des serveurs.
Trois options existent, et elles supposent toutes une compétence interne.
Mattermost s’intègre nativement avec les stacks GitHub, GitLab et Jira, ce qui en fait le candidat naturel des équipes techniques et DevOps. Rocket.Chat vise un usage plus généraliste avec un déploiement auto-hébergé. Element, bâti sur le protocole Matrix, ajoute la fédération — plusieurs organisations peuvent communiquer sans dépendre d’un serveur commun.
Le coût réel de ces solutions n’est pas l’abonnement mais l’exploitation : mises à jour, sauvegardes, restauration testée, support interne. Sans une personne clairement identifiée pour cette charge, l’auto-hébergement déplace le risque au lieu de le réduire.
Comment trancher, selon votre situation
PME déjà sur Microsoft 365. Teams reste le choix par défaut, mais faites le calcul avec le tarif découplé plutôt qu’en supposant la gratuité. Sur un effectif important, l’écart entre E3 avec et sans Teams n’est plus marginal, et il ouvre la porte à une comparaison honnête avec Slack.
PME sur Google Workspace. Ni l’un ni l’autre par défaut : Google Chat est déjà inclus et suffit à beaucoup d’usages. Ajouter Slack se justifie si la recherche et les canaux partagés avec l’extérieur sont structurants pour votre activité.
Équipe technique ou produit. Slack conserve un avantage sur la recherche, les intégrations et l’usage quotidien des développeurs. Mattermost est l’alternative sérieuse si la contrainte de souveraineté s’ajoute.
Organisation soumise à une contrainte de localisation. Mattermost, Rocket.Chat ou Element en auto-hébergement, avec un budget d’exploitation réel inscrit au projet. Ni Slack ni Teams ne résolvent la question juridictionnelle, quel que soit le périmètre de résidence des données annoncé.
Structure de moins de dix personnes. Le plan gratuit de Slack, malgré son historique de quatre-vingt-dix jours, ou Google Chat si vous êtes sur Workspace. À cette taille, la migration coûte plus cher que l’abonnement économisé.
Le coût que personne ne chiffre
Trois postes disparaissent systématiquement des comparatifs, et ils dépassent souvent l’écart d’abonnement.
La migration. Historique, canaux, fichiers, intégrations reconstruites une par une. Comptez en semaines, pas en jours, pour une organisation d’une centaine de personnes.
La formation. Changer d’outil de communication interne, c’est changer les habitudes de tout le monde simultanément — y compris celles des gens qui n’ont pas demandé le changement.
La redondance. Ajouter Slack par-dessus un investissement Microsoft existant crée des coûts qui se recouvrent : deux outils de visioconférence, deux espaces de fichiers, deux endroits où chercher une information. Ce doublon a un coût opérationnel quotidien qui ne figure sur aucune facture.
FAQ
Teams est-il encore inclus dans Microsoft 365 ?
Non. Le découplage a commencé dans l’UE et l’EEE en 2024, en réponse aux préoccupations de la Commission européenne sur la position dominante, puis s’est étendu mondialement à partir de novembre 2025. Les plans entreprise existent désormais en version avec et sans Teams, à des tarifs distincts.
Slack a-t-il augmenté ses prix en 2026 ?
Les paliers sont restés nominalement stables, mais l’intégration de l’IA dans les formules a relevé le prix effectif pour les équipes qui ne payaient pas l’option auparavant. Microsoft, de son côté, a appliqué une hausse générale sur Microsoft 365 en juillet 2026.
Une alternative souveraine est-elle réaliste pour une PME ?
Oui techniquement, à condition d’assumer l’exploitation. Mattermost et Rocket.Chat sont matures et déployés en production dans des environnements exigeants. La question à trancher n’est pas la faisabilité mais la disponibilité d’une personne pour maintenir la plateforme.
Peut-on garder les deux ?
Certaines organisations le font — Teams pour l’interne et la visioconférence, Slack pour les canaux partagés avec les clients. C’est défendable, mais c’est le scénario le plus coûteux et celui qui fragmente le plus l’information. À réserver aux cas où les deux usages sont réellement disjoints.
Ce qu’il faut retenir
Le découplage de Teams a rouvert un débat que la facturation avait clos. Si vous n’avez pas refait le calcul depuis 2024, vos hypothèses de coût sont fausses — dans un sens comme dans l’autre.
Le bon réflexe n’est pas de comparer des fonctionnalités mais de suivre trois choses : où vivent vos fichiers, où sont gérées vos identités, et qui porte la charge d’administration. La réponse à ces trois questions décide presque toujours à elle seule.
Et si votre contrainte est la juridiction plutôt que le prix, aucun des deux ne répond — c’est un troisième débat, qui mérite d’être posé explicitement plutôt que tranché par défaut.
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Sources principales : annonce Microsoft sur le découplage de Teams, pages tarifaires Microsoft et Slack, Rock, Convly, Digitiz, Tech-Insider. Tarifs indicatifs relevés en juin 2026, à revérifier auprès des éditeurs avant décision.
Cet article a été rédigé par la rédaction de Savvys, média tech indépendant basé à Bordeaux, opéré par LaunchNST. Pour nous contacter : contact@savvys.fr