En bref : l’ARCEP recense plus de 73 900 sites 5G mis en service en France métropolitaine, dont plus de 45 900 en bande 3,5 GHz. Autrement dit, près de quatre sites 5G sur dix ne diffusent pas sur la bande dédiée à la 5G : ils recyclent des fréquences partagées avec la 4G, pour des débits du même ordre. Pour un usage courant en 2026, la 4G reste largement suffisante, à une condition : que le téléphone gère la VoLTE.

« 4G ou 5G ? » est devenue une mauvaise question. Pendant cinq ans, on y a répondu par des débits théoriques et des cartes de couverture. En 2026, les deux vrais critères sont ailleurs : ce que votre opérateur diffuse réellement autour de vous, et ce qui se passe quand les vieux réseaux s’éteignent d’ici la fin de l’année.

Le chiffre que personne ne met en avant

Dans son observatoire publié le 18 juin 2026, avec des données arrêtées au 31 mars, l’ARCEP annonce plus de 73 900 sites 5G mis en service en France métropolitaine. Le chiffre est impressionnant. Le régulateur en publie un second, nettement moins repris : plus de 45 900 de ces sites diffusent en bande 3,5 GHz, soit environ 62 %.

Pourquoi cette distinction compte. La bande 3,5 GHz est dédiée exclusivement à la 5G : canaux très larges, débits pouvant dépasser le gigabit par seconde. C’est la 5G dont on parle dans les publicités.

Les autres bandes, 700 MHz, 1800 MHz et 2100 MHz, sont des fréquences historiques recyclées. Elles servent simultanément à la 4G et à la 5G, une technique appelée refarming, souvent mise en œuvre via le partage dynamique du spectre (DSS). Le gain existe, mais il est sans commune mesure : les débits restent de l’ordre de la 4G améliorée. Votre téléphone affiche « 5G », votre connexion ne l’est pas vraiment.

Conséquence pratique : sur près de quatre sites 5G sur dix, payer pour la 5G revient à payer un logo dans la barre d’état.

Précision de méthode, que l’ARCEP signale elle-même : un même site peut être équipé de plusieurs bandes. Le total des sites est donc inférieur à la somme des sites comptés bande par bande, et les deux chiffres ci-dessus sont donnés par le régulateur comme des planchers (« plus de »).

Ce que la 5G apporte réellement, et à qui

Il ne s’agit pas de dire que la 5G ne sert à rien. Elle change nettement les choses dans trois situations précises.

Les lieux saturés. C’est le gain le plus tangible et le moins mis en avant. Dans un stade, une gare aux heures de pointe, un festival, la 5G en 3,5 GHz absorbe une densité d’utilisateurs qui met la 4G à genoux. Ce n’est pas une question de débit maximal, c’est une question de capacité.

Le partage de connexion intensif. Si vous utilisez votre téléphone comme modem pour un ordinateur, plusieurs heures par jour, l’écart devient perceptible.

Les gros transferts en mobilité. Envoyer des vidéos lourdes, téléverser des fichiers de travail depuis l’extérieur. Le gain existe, à condition d’être sous une antenne 3,5 GHz.

En dehors de ces trois cas, sur du streaming vidéo, de la navigation, des réseaux sociaux, de la visio et des jeux en ligne, vous ne verrez pas la différence. Une 4G correcte sature déjà largement les besoins d’un écran de smartphone.

Le vrai enjeu de 2026 : la fin de la 2G et de la 3G

C’est le point qui a réellement changé la donne cette année, et il n’a rien à voir avec les débits.

OpérateurExtinction de la 2GExtinction de la 3G
OrangeProgressive depuis mars 2026, généralisée d’ici fin décembre 20262028
SFRZones denses du 15 au 30 novembre 2026, puis généralisation début décembre2028
Bouygues TelecomÀ partir du 15 novembre 2026, généralisation début décembreFin 2029
Free MobileCalendrier aligné sur Orange, fin 20263G propre arrêtée depuis 2025
Source : calendrier publié par l’ARCEP. Les opérateurs peuvent le faire évoluer.

D’ici la fin de l’année, la 2G aura disparu chez les quatre opérateurs métropolitains. Cela ne pose aucun problème à un téléphone 4G récent, à une condition impérative : qu’il gère la VoLTE, c’est-à-dire les appels vocaux transportés par le réseau 4G. Sans VoLTE, un téléphone bascule en 2G ou 3G pour téléphoner. Quand ces réseaux ferment, il ne passe plus d’appels du tout.

Tous les smartphones vendus en France depuis plusieurs années gèrent la VoLTE. Le sujet concerne surtout les téléphones importés, les modèles très anciens et les objets connectés : alarmes, bracelets de téléassistance, traceurs, terminaux de paiement. Si vous avez un de ces équipements, c’est maintenant qu’il faut vérifier.

La nuance qui reste en faveur de la 5G : un téléphone 4G seul perd son filet de sécurité. Dans une poche du territoire où seule la 2G passait encore, il n’aura plus rien, là où un modèle 5G disposera encore de la 3G jusqu’en 2028 ou 2029 selon l’opérateur.

Les bandes à vérifier avant d’acheter

C’est la vérification la plus utile et la plus négligée, surtout si vous achetez un téléphone importé ou vendu par une place de marché.

Pour la 5G en France, quatre bandes sont exploitées : n78 (3,5 GHz, la seule bande dédiée à la 5G), n28 (700 MHz, la couverture en intérieur et en zone rurale), n1 (2100 MHz) et n3 (1800 MHz). Un téléphone qui n’a pas le n78 n’aura jamais de 5G rapide en France. Un téléphone sans n28 aura une 5G qui s’effondre dès que vous rentrez chez vous.

Pour la 4G, les bandes basses sont ce qui compte : B20 (800 MHz) et B28 (700 MHz) portent la couverture à l’intérieur des bâtiments et en zone peu dense. Un téléphone qui n’a que le B3 et le B7 fonctionnera très bien en centre-ville et très mal ailleurs.

Ces informations figurent sur les fiches détaillées des bases de données spécialisées, rarement sur la fiche produit du vendeur. C’est précisément pour cette raison qu’il faut les chercher.

Combien coûte réellement la 5G sur un téléphone

Sur le haut de gamme, la question ne se pose plus : tout est 5G. C’est sur le milieu et l’entrée de gamme que l’arbitrage est réel, et l’écart tourne autour de 50 à 60 €.

Le piège est que ces 60 € ne financent presque jamais que la 5G. Chez Xiaomi par exemple, passer du Redmi Note 15 4G au Redmi Note 15 5G fait aussi gagner la stabilisation optique de l’appareil photo, un ultra grand-angle et la charge 45 W. La 5G est l’étiquette, mais elle n’est pas ce que vous achetez vraiment.

La bonne méthode consiste donc à ignorer la mention 5G et à comparer le reste de la fiche, à configuration mémoire égale. Si les deux versions sont identiques en dehors du modem, l’écart de prix est difficile à justifier pour un usage courant. Si la version 5G apporte aussi l’écran, la photo ou la charge, alors payez-la, mais pour ces raisons.

Notre verdict par profil

  • Vous habitez une grande ville et vous fréquentez des lieux denses : prenez la 5G. C’est le seul contexte où le gain est perceptible au quotidien, et vous êtes dans la zone couverte en 3,5 GHz.
  • Vous êtes en zone rurale ou en ville moyenne : la 4G suffit. Vérifiez surtout la présence des bandes B20 et B28, qui feront bien plus pour votre confort que le modem 5G.
  • Vous partagez votre connexion pour travailler : 5G, sans hésiter.
  • Vous voulez garder votre téléphone cinq ans : 5G, pour le filet de sécurité réseau au-delà de 2028 plus que pour les débits.
  • Votre budget est la contrainte principale : 4G, et mettez les 60 € économisés dans le stockage ou dans une meilleure batterie.
  • Vous avez un objet connecté ancien : vérifiez sa compatibilité 4G avant décembre 2026, c’est plus urgent que le choix de votre téléphone.

Questions fréquentes

La 4G va-t-elle être arrêtée en France ?

Non, et pas avant très longtemps. Ce sont la 2G et la 3G qui ferment : la 2G d’ici fin décembre 2026 chez les quatre opérateurs, la 3G en 2028 chez Orange et SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom. La 4G reste le socle du réseau français et bénéficie même du spectre libéré par ces extinctions.

Est-ce que la 5G change quelque chose au quotidien ?

Pour du streaming, de la navigation, des réseaux sociaux et de la visio, non. La 4G sature déjà les besoins d’un écran de smartphone. La différence se voit dans les lieux très fréquentés, en partage de connexion soutenu, et sur les gros transferts de fichiers.

Pourquoi ma 5G n’est-elle pas plus rapide que ma 4G ?

Parce que vous êtes probablement sous une antenne qui ne diffuse pas en 3,5 GHz. L’ARCEP recense plus de 73 900 sites 5G en France métropolitaine, dont plus de 45 900 en 3,5 GHz : le reste utilise des fréquences basses recyclées, partagées avec la 4G. Le téléphone affiche « 5G », les débits restent de l’ordre de la 4G améliorée.

Mon téléphone 4G va-t-il continuer à passer des appels ?

Oui, s’il gère la VoLTE, ce qui est le cas de tous les smartphones vendus en France depuis plusieurs années. Vous pouvez le vérifier dans les réglages de l’appareil, à la rubrique réseau mobile : une option « Appels VoLTE » ou « Appels 4G » doit y figurer et être activée.

Faut-il un forfait 5G pour avoir la 5G ?

Oui, un téléphone compatible ne suffit pas. La 5G est une option de forfait chez tous les opérateurs, incluse dans certaines offres et facturée dans d’autres. Vérifiez votre offre avant de payer un téléphone plus cher pour une fonction que votre forfait n’active pas.

La Rédaction Savvys. Chiffres 5G issus du communiqué de l’ARCEP du 18 juin 2026 (données au 31 mars 2026) accompagnant l’observatoire du déploiement 5G. Calendrier d’extinction 2G et 3G publié par l’ARCEP.

La Rédaction Savvys

Cet article a été rédigé par la rédaction de Savvys, média tech indépendant basé à Bordeaux, opéré par LaunchNST. Pour nous contacter : contact@savvys.fr